Cette année, tout a commencé le 14 août au soir. Alors que la plupart des domaines de Provence s'apprêtaient à vendanger en masse, nous avons décidé d'attendre. Le calendrier lunaire indiquait une série de jours racine jusqu'au 22 du mois, défavorables à la dégustation et à la vinification.
Attendre n'est jamais facile quand les prévisions météo s'affolent. Mais c'est précisément dans ces moments-là que la biodynamie nous oblige à faire confiance à quelque chose de plus grand que notre anxiété de vignerons.
La patience en biodynamie n'est pas de l'inaction. C'est de l'observation active, une forme d'écoute que l'on apprend en quelques années et que l'on perfectionne toute une vie.
Un été sec, des nuits fraîches inattendues
Le millésime 2024 restera dans les mémoires comme celui des contrastes. Après un juillet caniculaire qui a fait craindre une surmaturation précoce, des nuits fraîches inhabituelles à partir du 10 août ont ralenti la maturité et permis aux pellicules d'épaissir.
Sur nos parcelles de calcaire pur de La Costière, les baies présentaient une belle concentration naturelle. Sur les argilo-limoneux de La Badine, plus fraîches, la maturité était plus en retrait mais la finesse aromatique remarquable.
La décision de vendanger la nuit
Depuis 2016, nous récoltions déjà une partie des raisins la nuit. En 2024, nous avons pris la décision d'étendre cette pratique à l'ensemble du Mourvèdre.
Les baies entrent en cave à 16 degrés au lieu des 28 habituels en journée, ce qui permet d'éviter les fermentations spontanées incontrôlées et de préserver les arômes primaires les plus volatils.